35. Okayama et Kurashiki, jour 3
- jean-claudedunyach
- 27 oct. 2025
- 3 min de lecture
Les Kamis de la météo ont été cléments avec nous aujourd’hui. Il faisait grand bleu, pas trop chaud, mais agréablement tiède. Un temps idéal pour flâner, escalader des escaliers un peu raides et profiter du décor.

Le décor en question est le quartier ancien de Bikan, dans la ville voisine de Kurashiki. Une demi-heure de train, quelques minutes de marche en suivant une galerie marchande un peu tristounette, et on débarque dans une zone où toutes les maisons sont anciennes, assez jolies et souvent converties en boutiques pour touristes – mais plutôt de bon goût. Il y a de belles poteries, des objets de bambou ou de verre, des fringues originales… Pas nécessairement trop chers, mais hors de notre portée. On achète avec les yeux.
Comme c’est plutôt vaste, on va y passer des heures à se balader le nez au vent, en cueillant des images au passage. Rien de particulièrement marquant, juste une impression générale de lieu hors du temps, encore accentuée par les costumes des natifs et les rickshaws tirés par de jeunes gens souriants et volubiles.
Surplombant le quartier, il y a un temple célèbre qui occupe tout le haut de la colline. Pour l’atteindre, il faut grimper des escaliers, et encore des escaliers, mais le résultat vaut le détour. En plus, comme l’escalade est plutôt fatigante, on échappe à la majorité des touristes.
Ensuite, on retourne vers la minuscule rivière bordée de jolis restaurants. Dans un bras d’eau mort, un héron est en train de se nourrir, indifférent à ma présence. Je ne me lasse pas de la grâce de ces échassiers, grues, aigrettes, et autres, alors je les photographie à la moindre occasion.

Après pas mal de tours et de détours, on s’arrête pour grignoter des brochettes dans une gargote de la galerie marchande, puis on décide qu’il est trop tôt pour rentrer. D’après la carte, il y a un jardin de l’autre côté de la gare, derrière le grand centre commercial rutilant.

En fait, la partie jardin est minuscule, et elle est cernée par une vaste zone de boutiques d’usine. Tant pis, puisqu’il faut faire du shopping, on se dévoue, avant de repasser par le centre commercial…
Ce qui est fascinant, c’est le nombre de trucs improbables qu’on peut acheter dans ce pays. J’ai photographié un appareil de massage pour chienchiens ou chachats, le genre d’objet qui ne sert rigoureusement à rien sous nos latitudes (le plaisir de câliner un chat, c’est quand même d’administrer soi-même les caresses, non ?), mais qui doit avoir une utilité quand on a un rapport au corps suffisamment tordu.

On rentre dans un train bondé dans lequel on parvient tout juste à s’asseoir, puis la routine habituelle de lessive et de préparation des valises, puisqu’on repart demain pour Tokyo, dernière étape de notre voyage. On ressort à la nuit tombée pour chercher un restaurant et on tombe sur un truc totalement improbable qui ressemble à une cantine pour étudiant. Minuscule, une dizaine de places au comptoir, pas de carte, mais deux menus de nouilles baptisés « A » et « B », en japonais dans le texte et pas de boisson. Par contre, six euros par personne, payables d’avance. Et c’est bon, en plus.
On observe nos voisins à la dérobée pour savoir comment manger ce qu’on nous sert, pendant que le patron et unique employé s’affaire à ses fourneaux. Il faut juste tremper les grosses nouilles soba dans le bol de soupe épicé servi à côté et les aspirer en évitant de se mettre de la sauce partout. J’ai encore besoin de m’entraîner.
Au-dessus du comptoir, une rangée de chats agitent la patte en cadence. Il y a des grappes de piments, des épices sur la table… Pas vraiment ce qu’on avait prévu, mais c’est même mieux.

En rentrant, je salue au passage la statue du lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles. Nos vacances se termineront bientôt, on va retrouver l’heure d’hiver et le temps qui va avec. Comme lui, nous sommes en retard, en retard, en retard.

























































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