42. Tokyo, jour 7
- jean-claudedunyach
- 3 nov. 2025
- 2 min de lecture
On a changé d’hôtel et de quartier, pour nous éviter de longs périples en métro vers les coins qu’on veut visiter avant de rentrer chez nous. Mais le trajet fut épique : Régine avait oublié son ticket dans la machine à l’aller et, lors de la sortie, après avoir vainement cherché un employé, je suis allé en acheter un autre pour qu’elle puisse franchir la barrière. Qui ne s’est pas ouverte, mais elle est passée quand même. Ce qui pourrait faire de nous des hors-la-loi, sauf qu’on avait payé. Et même deux fois. On a notre conscience pour nous !
Le GPS de Google map se révèle assez instable dans notre nouveau quartier, ce qui entraîne des détours dont on se serait bien passé avec nos deux grosses valises. D’autant plus que certaines rues grimpent sévèrement. Mais on finit par atteindre l’hôtel, qui nous débarrasse de nos bagages en attendant le moment de récupérer nos chambres (15h, comme partout).
On a quelques heures à tuer, donc on se balade dans les quartiers avoisinants, jusqu’au musée d’art contemporain qu’on ne visitera pas (la boutique dudit musée nous suffit, on achète des choses à monter soi-même pour nos filles, ce sera notre contribution à l’essor de la modernité artistique japonaise).
Une immense araignée se dresse à l’entrée de la zone, pas vraiment effrayante, juste incongrue.

Il y a beaucoup de boutiques de luxe, nettement hors de portée de notre bourse. La jolie veste que Régine a repérée coûte quand même 3 000 euros et je ne parle même pas des escarpins Louboutin, certes splendides, mais inaccessibles. On n’a pas craqué.
Autour de nous, les immeubles se pressent l’un contre l’autre comme des guerriers en plein combat. Chaque bâtiment raconte sa propre histoire sans se soucier de ses voisins. Ça donne des perspectives bizarres, antagonistes, des façons hétéroclites de mordre le ciel.
Régine aime bien, moi, nettement moins. C’est l’équivalent architectural d’un petit déjeuner japonais, où chaque bouchée a un goût différent.
Le vent s’est levé, glacial, avec des rafales si violentes qu’il m’empêche de photographier correctement. On se réfugie dans des galeries marchandes chaque fois que c’est possible (on n’est pas les seuls). Les ritournelles omniprésentes sont quand même agaçantes ! Puis ça se calme… On reprend notre route, avec sur le chemin un club de jeu qui fait quand même un peu peur.

Plus loin, on retrouve un temple consacré au dieu renard Kitsune qu’on avait beaucoup aimé en 2023 – et qui a des toilettes, ce qui tombait bien. La foule qui s’y presse est majoritairement là pour prier – toujours le même rituel : après s’être lavé les mains sous le regard vigilant des inévitables dragons de bronze,

* on met des sous dans la boîte prévue à cet effet, on sonne la cloche pour attirer l’attention sur sa petite personne, puis on s’incline et on prie. Parfois, on laisse un petit papier soigneusement plié dans l’urne devant l’autel. Derrière, les fidèles font la queue, sans s’énerver. À la différence de nous, les Dieux ont le temps.
Juste à côté de notre hôtel, il y a un bâtiment improbable, d’une blancheur de crème fouettée, qui ressemble à une pièce montée de mariage. Renseignement pris, c’est aussi un hôtel, le Chantilly…





































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